CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

Ombrédanne (Appareil d’)

date de publication : 1908

  mise en ligne : lundi 10 mars 2008


Premier inhalateur à éther permettant le contrôle de la fraction inspirée en éther

Louis OMBREDANNE 1871-1956

Chirurgien spécialisé en chirurgie pédiatrique, il a occupé la chaire parisienne de sa spécialité à partir de 1925. On lui doit l’amélioration de nombreuses techniques chirurgicales, dont l’ochidopexie. Mais on lui doit également un appareil d’anesthésie à inhalation de vapeurs d’éther.

Cet appareil a dominé la pratique de l’anesthésie en Europe durant plus de cinquante ans, avant l’introduction des techniques modernes après la Seconde Guerre mondiale. Les qualités de l’appareil d’Ombrédanne ont contribué à retarder l’anesthésie moderne en France.>

DESCRIPTION DE L’APPAREIL D’OMBREDANNE

« Cet appareil doit être considéré comme un robinet à trois voies conduisant :

- 1) la première à l’air libre
- 2) la seconde dans un sac en baudruche, réservoir d’air confiné
- 3) la troisième dans un réservoir rempli d’éponges imbibées d’éther »

L’appareil se compose d’une sphère (a) remplie d’éponges imbibées d’éther, générateur de l’appareil. Cette sphère est traversée transversalement par un tube diamétral aboutissant par une extrémité au sac en vessie de porc ou en caecum de boeuf, par l’autre, à l’air extérieur ; I’ouverture à l’air extérieur se fait par des fenêtres tracées en escaliers (k).

Sur ce tube s’ouvrent latéralement :
- 1) deux cheminées g et g’ servant l’une à l’entrée et l’autre à la sortie de l’air respiré ; une demi cloison en chicane r, force l’air à se répandre dans la sphère, au lieu de passer directement d’une cheminée à l’autre.
- 2) un tube h qui va au masque d’inhalation
- 3) une voie détournée j qui part du tube h et va au tube diamétral.
Dans le tube diamétral tourne un boisseau creux cloisonné et percé de fenêtres 0, 01, 02, à ouverture progressive ; La fenêtre 02 est toujours ouverte.

Les mouvements de ce boisseau se traduisent par le déplacement d’un index sur une graduation chiffrée de O à 8.

A la position 0 : les fenêtres g et g’ sont fermées, k et 01 ouvertes en grand. Il entre dans le masque d’inhalation, beaucoup d’air frais et peu d’air confiné ; il n’y pénètre d’éther que ce qui filtre à travers les fenêtres g et g’ fermées. (cf schéma a)

A la position 4 : position moyenne : la fenêtre k est semi fermée, g, g’ et 01 semi ouvert. Ilentre dans le masque d’inhalation

de l’air frais
des vapeurs d’éther venues du sac à confination, saturées par la traversée de la sphère
de l’air confiné contenant des vapeurs d’éther mais venu par la voie détournée 01 j, sans se saturer dans la sphère.

A la position 8 : la fenêtre k est ouverte au minimum, g et g’ sont ouvert en grand ; j est fermé.Il entre dans le masque à inhalation :

- un peu d’air frais
- des vapeurs d’éther saturées par leur passage dans la sphère et venues du sac (cf schéma b).

Les éponges, fournissant une énorme surface d’évaporation, sont indispensables et ne peuvent pas être substituées par de l’éther libre.

APPAREIL D’OMBREDANNE MODIFIE
UTILISATION DE L’APPAREIL

« L’appareil n’est pas lourd : deux anneaux placés sur les côtés du masque permettent en y mettant les pouces, de sub-luxer la mandibule, et d’appliquer /e masque sur /e visage du patient.
L’aiguille étant à 0, on ouvre l’orifice supérieur, et on verse sur les éponges 150g d’éther.
On incline la sphère dans tous les sens, puis on la renverse ; tout doit être absorbé par les éponges
On reterme l’orifice et on applique le masque sur la face, toujours l’aiguille à 0.
On le laisse deux minutes dans ceffe position en recommandant au malade de souffler fortement.
Puis de minute en minute, on progresse d’un degré sur l’index. On monte jusqu’à 6 pour les hommes et jusqu’à 4 pour les femmes.
On attend une à deux minute que la résolution soit complète, puis on redescend au chiffre d’entretien qui sera de 4 pour les hommes et 3 pour les femmes »

L’appareil d’Ombrédanne a continué à être utilisé alors que l’on disposait déjà des moyens modernes d’anesthésie.

- pendant la campagne d’Afrique du nord en 1943, avant l’utilisation du vaporisateur OXFORD.
- au Vietnam en 1965, dans le delta du Mekong, par le docteur Nguyen Khac Minh, seul anesthésiste qualifié du Sud -Vietnam, et ceci avant l’utilisation du vaporisateur EMO.