CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

Histoire de la circulation sanguine

Exposition 2000 - Congrès de la SFAR - Paris

Cazalaà Jean-Bernard

date de publication : septembre 2000

  mise en ligne : samedi 10 mai 2008


La première représentation du cœur est une peinture rupestre de l’ère magdalénienne (caverne d’El Pindal, Asturies), le cœur y est peint comme une tache rouge en forme de cœur de carte à jouer sur un mammouth.

Les Assyriens attribuent au cœur l’intelligence et la mémoire et au foie la source et le réceptacle du foie.

En Egypte antique (1500 avant JC), le papyrus Ebers : "l’air entre par le nez, pénètre dans le cœur et les poumons et c’est eux qui le distribuent à tout le corps". La prise de pouls est courante et le cœur est décrit comme le centre des vaisseaux.

fig. 1 - Hippocrate

Hippocrate (460-377 avant JC) décrit correctement le cœur mais la conception physiologique s’égare : les oreillettes attirent l’air, le ventricule droit chasse le sang dans l’artère pulmonaire pour nourrir le poumon, le ventricule gauche ne contient que de l’air. (fig. 1)

Platon (426-347 avant JC) le pneuma pénètre dans les poumons, rafraîchit le sang qui arrive dans le cœur et est transporté au corps entier.

Aristote (384-322 avant JC) affirme : "le sang traduit son agitation par le pouls. Ainsi toutes les veines(artères) battent en même temps pour cette raison qu’elles dépendent toutes du cœur. Celui-ci étant toujours en mouvement, celles-là sont toujours avec lui et en même temps que lui. "

Hérophile (340-300 avant JC) dans son "Manuel du pouls", distingue veines et artères et découvre l’artère pulmonaire"veine artérieuse "

Celse (138-201) précise "l’artère une fois ouverte ne peut ni se réunir ni guérir".

fig. 2 - Galien

Galien (131-211) (fig.2) pensait que le sang était produit dans le foie et transporté au cœur. Il existe des pores inter ventriculaires qui permettent au sang (venant du foie) de passer dans le ventricule gauche, et au pneuma (provenant des poumons par la veine pulmonaire) de passer dans le ventricule droit. Les deux systèmes circulatoires sont reliés par les sysastomoses vasculaires D’ERASISTRATE et les anastomoses trans-septales de la cloison inter ventriculaire. Galien croyait qu’un processus de fermentation chauffait le corps et instillait un mouvement au sang qui transportait celui-ci à travers les organes. Il affirmait que :
- Les veines et les artères renferment du sang différent, non seulement par la structure spéciale à chaque vaisseau, mais encore par la quantité d’air qui est mêlée au sang.
- le pouls est le résultat de la contraction du cœur perceptible dans les artères seulement
- Le cœur est constitué de deux ventricules et les oreillettes ne sont que des diverticules vasculaires.

Ibn an Nafis (1210-1288) du Caire affirme qu’il n’y a pas de passage entre les deux ventricules." Le passage du sang se fait dans les poumons après que ce sang a été chauffé et est remonté du ventricule droit". La description de la petite circulation est faite, mais malheureusement, cette théorie tombe dans l’oubli.

André Césalpin en Italie en 1519 reconnaît, le premier, le circuit du sang. Jusqu’alors, le mouvement sanguin était imaginé comme un flux et un reflux. Il est le premier à employer le mot CIRCULATION.

Vésale (1514-1564), médecin de Charles Quint publie "De corporis humani fabrica" en 1543 relatant ses travaux de dissection dont les dessins sont attribués au TITIEN. Il reste proche de la théorie de Gallien mais ne retrouve pas les pores du septum… et il ne donne pas d’autres explications. (fig. 3 et 4)

fig. 3
fig. 4

Servet (1516-1559) publie dans le "Christianismi restitutio", deux pages sur la circulation "Le sang subtil, venu du ventricule droit est brassé, et avec un art consommé, à la faveur d’un long trajet dans le poumon. Il y est transformé en un sang rouge jaunâtre et transvasé de la veine artérieuse à l’artère veineuse. Puis dans cette artère veineuse, il est mélangé à l’air inspiré et repurgé par l’aspiration de ses fuliginosités. Enfin le mélange tout entier, désormais convenable, est attiré par la diastole dans le ventricule". Il fut brûlé avec son livre pour hérésie quelques mois plus tard. Sa théorie resta confidentielle.

Colombo (1516-1559), professeur à l’Université de Padoue diffusa le premier la notion de petite circulation.

fig. 5 - Harvey

William Harvey (1578-1657) (fig. 5-6-7) étudie à Cambridge et à Padoue, il publie en 1628 dans son ouvrage "De motu cordis et sanguinis in animalibus" (Etude anatomique du mouvement du cœur et du sang chez les animaux) :
"Partout où il y a du sang, toujours aussi sa marche demeure la même, soit dans les veines, soit dans les artères. Des artérioles le fluide passe dans les veinules du parenchyme, et la force du cœur suffit pour opérer cette transition."
Harvey démontre également que les valvules des veines ont pour but de faciliter le retour du sang vers le cœur.
Sa théorie sera une véritable révolution avec des adversaires farouches. Louis XIV l’imposera par l’intermédiaire de son chirurgien DIONIS.

fig. 6
fig. 7

Malpighi (1628-1694) révèle par le microscope, l’existence des capillaires sur la grenouille en 1661.

Lower (1631-1691) objective, en 1669, l’hématose pulmonaire et la consommation périphérique.

Pecquet qui découvre le canal thoracique en 1647.

Bartholin et Rudbeck mettent en évidence les ganglions lymphatiques en 1652.

Van Leeuwenoek décrit les globules rouges en 1674.
Priestley et Lavoisier découvrent l’oxygène respectivement en 1772 et 1777.

La notion de cellule apparaît en 1830.