CLub de l'Histoire de l'Anesthésie et de la Réanimation

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  • Articles connexes

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    Les hommes en blanc

    Anesthésie pédiatrique - Chirugie Infantile

    Anesthésie chirurgicale et obstétricale

    Notice sur l’éther et sur le chloroforme et leur emploi dans les opérations de la chirurgie dentaire.

    Arrivée de l’Ether en France, de Boston à la communication de Malgaigne..

    Rossignon Marie-Dominique

    date de publication : 19 octobre 2003

      mise en ligne : lundi 10 mars 2008




    Le succès de la première anesthésie générale à l? ??éther réalisée par Thomas Willliam Green Morton   le 16 octobre 1846 sur la personne de Gilbert Abbott, pour l? ??exérèse d? ??une tumeur vasculaire cervicale par John Collin Warren, se répandit sur le vieux continent grâce, entre autres, au professeur Jacob Bigelow (1786 ? ?? 1879). Ce vénérable médecin, botaniste de renom, avait assisté à cet exploit en compagnie de son fils, Henry Bigelow ( 1818-1890. Ce dernier, chirurgien   puis professeur de chirurgie, avait publié un article relatant le succès de Morton   dans le « Boston Medical and Surgical Journal » du 18 novembre 1846, article repris le 19 dans le « Boston Daily Adviser », sous le titre « Insensibility during surgical operation produced by inhalation » .

    Datée du 28 novembre, une lettre de Jacob Bigelow relatait l’évènement à son ami Francis Boott, Américain exilé à Londres ; il y joignait l’article de son fils. Six semaines s’étaient déjà écoulées depuis le succès : en effet, prudents, les chirurgiens américains voulaient s’assurer de l’efficacité et de la sûreté de l’emploi de l’éther avant de répandre l’information. En outre, ils n’avaient pas donné leur adhésion à un produit appelé « Léthéon » par Morton  . John Foster Brewster, professeur d’anatomie et de physiologie à Philadelphie, expert en chimie, démontra le premier que le Léthéon était de l’éther sulfurique. ( Son opuscule « Ether et Chloroform » publié en 1851, fera longtemps autorité).

    Le courrier de Jacob Bigelow voyagea à bord de l’Acadia, bateau de la Samuel Cunard Line, qui quitta Boston le 3 décembre 1846, fit une escale à Halifax avant d’arriver à Liverpool le 16 décembre.

    La lettre arriva dès le lendemain, 17 décembre, chez Boott. A son domicile eut lieu le 19 décembre une extraction dentaire sous éther pratiquée par le dentiste James Robinson, en présence d’un autre chirurgien   renommé, Liston.

    A bord de l’Acadia se trouvait également Edward Warren, de la famille du professeur Warren, chargé par Morton   de répandre l’usage de son inhalateur en France. L’appareil était constitué d’une sphère en verre, contenant une éponge imprégnée d’éther, avec deux orifices. L’un communiquait avec l’air ambiant alors que l’autre était raccordé à un robinet en bois servant d’embout buccal. La chaleur de l’air expiré dans la sphère favorisait la vaporisation de l’éther. L’air inspiré s’enrichissait ainsi en vapeur d’éther et en CO2, ce qui favorisait une polypnée accélérant l’induction.

    William Fraser, chirurgien   à bord, dut converser longuement avec Warren, car dès le 19 décembre, il pratiqua à Dumfries, la ville où il habitait, une anesthésie générale à l’éther pour une intervention chirurgicale.

    Plus d’une semaine avant l’arrivée de l’Acadia à Liverpool, un jeune médecin américain, Francis Willis Fisher, avait contacté l’illustre Velpeau   pour tenter une anesthésie générale. Fisher, comme nombre de ses confrères fraîchement diplômés, venait parfaire pendant deux ans sa formation auprès des plus illustres chirurgiens de Paris. Diplômé de Harvard en 1846, il avait probablement été informé fin novembre de la réussite des premières anesthésies de Morton   par un de ses « former medical instructor », John Ware, professeur en chirurgie au Massachusetts Hospital. Ce dernier avait publié le 29 novembre le récit de ce succès dans la Revue Médicale Anglaise et Etrangère, article repris dans la Gazette des Hôpitaux Civils et Militaires le 12 janvier.

    Velpeau   ne se laissa pas convaincre par Fisher : durant la séance de l’Académie de médecine du 12 janvier1847, il expliqua ainsi son refus : « Il y a six semaines environ, on est venu me proposer d’en faire l’essai dans mon service, mais sans vouloir me dire quelle était la manoeuvre à laquelle on voulait avoir recours. Je n’y consentis point tant que je ne saurais de quoi il s’agissait ». Devant l’Académie des Sciences, 6 jours plus tard, il révéla, à propos de l’inhalation d’éther, qu’« une lettre du docteur Warren de Boston, me l’a fait connaître il y a plus d’un mois et M. le Docteur Willis Fisher de la même ville est venu me proposer d’en faire l’essai à la Charité vers le milieu du mois de décembre dernier. ». Il existe un flottement quant à la date exacte à laquelle Fisher se serait adressé à Velpeau   mais la rencontre a pu avoir lieu entre le 1ER et le 8 décembre 1846...
    Fisher se rendit alors à l’Hôpital Saint- Louis, dans le service de Jobert de Lamballe. Le 15 décembre 1846, il exerça ses talents sur la personne de Pierre Dihet, un charretier de 59 ans qui présentait un cancer de la lèvre inférieure. La procédure employée fut ainsi décrite par l’interne Gogué : "Ayant apporté un globe de verre à deux tubulures et une fiole contenant de l’éther, on introduisit des morceaux d’éponge dans le vase et on versa le liquide contenu dans la fiole ; aussitôt l’odeur caractéristique de l’éther se répandit, tous les assistants perçurent la même sensation et pensèrent qu’on devait ainsi enivrer les malades.
    Le vase, avons-nous dit, avait deux tubulures : l’une fut laissée libre pour livrer passage à l’air : l’autre fut placée dans la bouche du malade. Les narines furent laissées ouvertes. On recommanda alors d’aspirer fortement afin que l’air chargé de vapeur d’éther pénétrât dans la cavité buccale, et de là dans les voies respiratoires. De cette manière, l’inspiration et l’expiration se faisaient assez librement : mais on conçoit que dans l’inspiration une certaine quantité d’air non saturé pénètre dans les fosses nasales, et que dans l’expiration une certaine quantité d’air expiré retournait dans le globe se mélanger aux vapeurs d’éther. Tout cela, d’ailleurs, ne pouvait que retarder le développement des effets de l’éther.
    Mais revenons à notre malade et disons qu’au bout de dix-huit minutes il n’avait pas encore pu obtenir quelques symptômes bien tranchés. L’expérimentateur manquant des objets nécessaires pour terminer l’expérience, M.Jobert se mit à pratiquer l’opération? ?? « Jobert expliqua cet échec par » la quantité insuffisante d’éther mais aussi l’appareil qui était mal conformé ", appareil dont la description rappelle l’inhalateur de Morton  , encore sur l’Acadia ce jour là.
    Cette première tentative ne fut publiée dans la « Gazette des Hôpitaux civils et militaires » que le 12 janvier 1847, jour où parut une traduction de la lettre écrite le 29 novembre 1846, par John Ware à l’éditeur bostonien Forbes :

    « J’ai trouvé à mon arrivée ici (? ??)une application nouvelle d’une chose ancienne, qui sera, j’espère, digne de votre intérêt. C’est un nouveau moyen de rendre les malades insensibles à la douleur pendant les opérations chirurgicales, à l’aide de l’aspiration de la vapeur d’éther sulfurique. Par cette aspiration, les malades sont mis dans un état analogue à celui qui caractérise l’intoxication alcoolique ou le narcotisme produit par l’opium. Cet état continue pendant cinq ou dix minutes, et, pendant ce temps, les malades sont insensibles à la douleur. Une cuisse a été amputée, un sein extirpé, une dent arrachée sans la plus légère souffrance. Le nombre des opérations pratiquées, spécialement sur les dents est considérable, et je crois que peu de personnes sont réfractaires à l’influence de ce nouvel agent. (? ??) Ce moyen a d’abord été mis en usage par un dentiste, et il est surtout employé maintenant par cette classe de praticiens. Ce dentiste a pris un brevet, et a envoyé en Europe des agents qui sont chargés de lui en assurer la propriété. ».

    Le flambeau de l’anesthésie en France fut repris par Joseph Malgaigne  , chirurgien   en second de Jobert de Lamballe à Saint-Louis. « Ni opérateur, ni clinicien, plus réputé pour le verbe et la plume que le bistouri », il fut le premier, ce 12 janvier 1847, à présenter devant les membres de l’Académie de Médecine, une série comportant 5 patients ayant bénéficiés du « nouveau moyen indiqué par les Américains pour rendre les opérations moins douloureuses ». Le premier cas était un jeune homme de 18 ans, présentant un phlegmon suppuré à la partie inférieure de la jambe. « On lui fit respirer de l’acide sulfurique pendant deux minutes, ce qui suffit pour le plonger dans un assoupissement complet » . L’abcès fut ouvert avec le bistouri ; une demi- minute après le malade s’éveilla ; il n’avait rien senti ; à tel point qu’il croyait n’avoir point subi l’opération et disait s’y résigner. « . Le second était un Italien un peu plus âgé qui portait une tumeur cervicale. Il inspira l’éther pendant cinq minutes avant d’être opéré. A son réveil, » il dit avoir eu la conscience qu’on lui enlevait sa tumeur, mais n’avoir éprouvé aucune douleur. ". La troisième était une jeune femme présentant également une tumeur au niveau du cou. Elle ne perdit connaissance qu’après 18 minutes d’inhalation. Si elle ne sentit pas la première incision, elle se réveilla brutalement à la seconde et souffrit pendant tout le reste de l’opération. Un homme avait eu la jambe broyée par un wagon. Il fut soumis aux vapeurs de l’éther pendant 17 minutes, ne souffrit point durant l’amputation mais eut conscience de l’opération que l’on pratiquait sur lui. Le dernier patient devait être opéré d’un strabisme mais l’inhalation d’éther fut un échec total.

    L’appareil utilisé par Malgaigne   pour son premier malade était des plus rudimentaires : un tube ordinaire contenait de l’éther et le patient le tenait fermement dans sa bouche. Pour les suivants, il introduisit dans l’une des narines, l’autre étant fermée, un tube plongé dans un flacon contenant de l’éther sulfurique. Les patients inspiraient par le nez et expiraient par la bouche. La simplicité de cet appareillage explique sans doute les échecs et les anesthésies très incomplètes obtenues par ce procédé.

    A peine terminé, cet exposé souleva de violentes critiques. Ses collègues inondèrent Malgaigne   de reproches et, tout en reconnaissant aimablement ses qualités de chirurgiens et sa compétence médicale, l’assommèrent de quolibets d’une rare violence et d’une exceptionnelle perspicacité « ? ??Hâtez-vous de vous servir de l’éther tant qu’il insensibilise encore? ??. » put ? ??on entendre dans le brouhaha ! Mais plus réfléchis ou plus audacieux, quelques-uns, tels Laugier à Beaujon, Roux   à l’Hôtel-Dieu, et même Velpeau  
    à la Charité, s’aventurèrent à imiter Malgaigne  . Roux   s’interrogea bien vite sur l’inconstante intensité de l’analgésie observée lors de ses premières tentatives : " ? ??j’ai répété quatre ou cinq fois l’expérience, et je n’ai obtenu jusqu’à présent aucun résultat.

    Cela tiendrait-il à la manière de procéder, à la dose d’éther inspiré ? Je l’ignore. Je me suis servi de plusieurs appareils, entre autres celui de Richard destiné aux fumigations aromatiques ; aucun procédé n’a réussi. J’ai cru reconnaître qu’il ne fallait ni trop ni trop peu d’éther, et que c’était par des tâtonnements, des essais multiples qu’on pourrait arriver à trouver la dose convenable. Aussi n’y ai-je pas renoncé? ??. ".

    Velpeau   ne pouvait s’empêcher de douter devant les échecs répétés, observés la semaine suivant la communication de Malgaigne   par Roux   et Laugier : « Faut-il prendre à la lettre toutes les merveilles qui se débitent à ce sujet dans les journaux politiques ? ».

    Le 18 janvier, il tentait de trouver des explications à ces insuccès : « Il est possible (..) que l’inconstance des effets de l’éther tienne autant à l’imperfection des appareils employés chez nous, qu’à la nature même du médicament ou à la diversité des idiosyncrasies. On aurait tort, après tout, de porter, dès à présent, un jugement quelconque sur la valeur de cette ressource. Ainsi qu’il arrive presque toujours quand un fait nouveau vient à surgir dans les sciences, on doit s’attendre à quelques vagues, à quelques divergences dans les appréciations, à des tâtonnements inséparables de toute application nouvelle. ».

    La semaine qui suivit cette réflexion fut décisive pour l’anesthésie. Joseph Charrière améliora l’inhalateur de Morton   en lui adjoignant un tube flexible qui autorisait l’inhalation de vapeurs d’éther en position couchée. En outre, le flacon avait une base beaucoup plus large ce qui permettait une évaporation sur une surface beaucoup plus étendue. Les narines étaient fermées à l’aide d’une pince à ressort et deux soupapes permettaient l’une d’inspirer les vapeurs d’éther, l’autre d’expirer l’air contenu dans la bouche.

    Après l’échec du 15 décembre, Fisher s’était probablement tourné vers un autre Américain, le dentiste Christopher Starr Brewster ( 1799-1870). Né près d’Hartford, ville natale de Horace Wells, Brewster exerça l’art dentaire aux Etats-Unis, au Canada, avant de s’installer au 11, rue de la Paix à Paris en 1833. Ses compétences et sa renommée étaient telles qu’il devint le dentiste de Louis-Philippe. Il fut demandé à Saint-Pétersbourg auprès de la famille impériale en 1842 et devint « dentiste honoraire de sa Majesté l’Empereur de Russie ». Georges Sand, Prosper Mérimée, Delacroix, Balzac l’avaient élu pour praticien. La vie professionnelle de Brewster est beaucoup moins connue que ses succès mondains. Cependant, d’après un rapport rapportant toutes les opérations pratiquées à Paris le 22 janvier 1847, publié dans le « Medical Times », il semblerait que Brewster associé à un certain Marshall utilisait avec succès l’éthérisation pour les extractions dentaires. Malheureusement, ces tentatives et leurs dates sont mal connues car, ainsi que le soulignaient les « Archives générales de Médecine », si « les petits journaux ont retenti du nom de Brewster », les avulsions dentaires n’intéressaient que médiocrement les médecins? ??

    Fisher connut enfin son heure de gloire en pratiquant avec succès, le 23 janvier, une anesthésie générale chez Roux   et une autre chez Velpeau  . Le 25, une note du docteur Laugier sur quelques « Observations relatives aux effets produits par l’inhalation de l’éther sulfurique » déclencha l’enthousiasme des uns, le scepticisme ou le mépris des autres. Dans son service, il avait réalisé une anesthésie générale parfaite pour l’amputation d’une jeune fille de dix-sept ans. Dans le mois qui suivit, il fit trois autres amputations sous éther

    Bientôt les opérés réclameront être « enivrés » par l’éther. Ainsi un patient de Malgaigne   le supplie-t-il à la douzième minute d’inhalation : « laissez-moi cela, c’est si bon ! encore un peu, ce n’est pas assez, encore » alors qu’une jeune fille endormie par Laugier se croyait « pendant son sommeil avec Dieu et ses anges. ».

    Dès le 30 janvier, Fournier-Deschamps employait « la vapeur éthérée pour terminer sans douleur un accouchement avec le forceps. ».

    Lors de la discussion des effets de l’éther sulfurique qui eut lieu le 2 février à l’Académie Royale de Médecine, Jobert de Lamballe rapporta 13 cas d’anesthésies générales dont deux réalisées avec succès le 19 décembre : une femme de 35 ans, qui devait subir l’application de cautère pour une névralgie jambière s’endormit au bout de 4 minutes et déclara au réveil avoir fait un rêve agréable. Le même jour, après 17 minutes d’inhalation, s’endormit un homme opéré d’une « tumeur enkystée ».

    L’enthousiasme croissait mais des voix s’élevaient hostiles, violentes et passionnées pour démontrer les risques et les inconvénients de la méthode. Parmi les plus influentes se faisaient entendre celles d’Orfila, doyen   de la faculté de médecine, Proust, le chimiste, et Magendie, le célèbre physiologiste.

    Au cours d’une séance houleuse à l’Académie des Sciences, le premier février, Magendie souleva la question de la moralité de l’anesthésie générale : « ? ??. Ce que je vois de plus certain dans tout cela, c’est que les chirurgiens font des expériences humaines sans savoir ce qu’elles produiront, ni quels sont les résultats qu’ils obtiendront. Cette conduite n’a peut-être pas toute la moralité désirable? ??Vous plongez les malades dans un état d’ivresse ; car ce n’est pas autre chose qu’un état d’ivresse ; que la substance soit inspirée ou prise en boisson, peu importe. ? ??. »

    Il se radoucit ensuite un peu : « Nos honorables confrères, je ne puis en douter, font ces essais en s’entourant de toutes les précautions désirables ; ils y mettent prudence et sollicitude. Mais supposez les mêmes essais faits par des hommes inhabiles, par des ignorants, par des mains criminelles ( il faut tout prévoir), et ne voyez- vous pas quelles seront les conséquences ? Et si au lieu d’opérer publiquement, l’ivresse a été produite dans l’intimité des familles ou même clandestinement, sur des femmes, sur des jeunes personnes, avec des intentions perverses ou un but coupable, croyez-vous que la morale et la sécurité publique ne seraient pas gravement compromises ? Prenez-y garde, messieurs, il ne suffit pas de vouloir le bien ; il faut encore se garder du mal. ». Il devait conclure : « A mes yeux, la nouvelle méthode est sujette à des inconvénients graves et je ne saurais trop vivement protester contre la généralisation d’un semblable moyen? ??Qu’un malade souffre plus ou moins, est-ce là une chose qui intéresse l’Académie des Sciences ? ».

    Bouillonnant de colère et d’indignation, Velpeau   précisa que les précautions les plus sévères étaient prises pour réaliser chaque anesthésie, et qu’à ses yeux il ne s’agissait pas à proprement parler d’expériences. Il s’enflamma violemment au souvenir de certaines phrases : « ? ??Monsieur Magendie dit que c’est peu de chose de souffrir, et qu’une découverte qui a pour but d’empêcher la douleur est d’un médiocre intérêt. Mais Monsieur Magendie croit-il que ce n’est rien que la douleur ? Ignore-t-il que c’est là la cause des angoisses des familles ? Monsieur Magendie semble partager l’opinion vulgaire que les chirurgiens sont durs, insensibles. C’est en effet ce que disent les gens du Monde. Il ne sait donc pas, mais si, il le sait bien, tout ce que les chirurgiens concentrent d’émotion quand ils pratiquent une grave opération. S’ils ne le laissent pas voir, c’est que le sang-froid, l ? ??impassibilité apparents sont une de leurs premières qualités. Et, dès lors, comment s’étonner que les chirurgiens acceptent avec bonheur une découverte, qui sans danger, produit de l’insensibilité, Le point capital ici est acquis, c’est l’insensibilité, ce fait est maintenant hors de toute contestation? ?? ».

    Avec une assurance un peu prématurée, Velpeau   affirmait l’innocuité de la méthode. Cette audacieuse assertion fut contredite peu de temps après par la publication des premières complications liées à l’éther? ??..


    Bibliographie

     Cousin, M.T. Hôpital Saint-Louis, Mardi 15 décembre 1846? ??ou l’introduction de l’anesthésie chirurgicale en France. Cah.d’Anesthésiologie 1997 ; 45 ; 73-78
     Cousin, M.T. Le cent cinquantenaire du chloroforme. Un agent plus merveilleux et plus terrible encore que l’éther.
    Ann.Fr.Anesth.Réanim.1997 ; 16 ; 1037-1044
     Fisher, F.Willis :
    The ether inhalation in Paris Boston Medical and Surgical Journal, 1847 ; 36 ; 109-113.
     Gazette des Hôpitaux civils et militaires du 13 février 1847, p.76. et des 14 et 16 janvier 1847 : 23
     La Gazette Médicale de Paris, 1847 ; 55-56
     L’AbeilleMédicale ; 1847 ; 50
     The Medical Times ; 1847 ; 325
    Comptes-Rendus des Séances de l’Académie des Sciences du 18 janvier 1847 ; 24 ; 76-78, ainsi que du 22 janvier, p.78
    R.Ellis : The introduction of ether to Grand-Britain
     Anaesthesia : 1976 ; 31 ; 766-777
     Anaesthesia ; 1977 ; 32 ; 192-208
     Velpeau  , Alfred Bulletin de l’Académie de Médecine ; Séance du 12 janvier 1847
     Zimmer, M. : Rôle d’un dentiste Christopher Starr Brewster et de certains médecins d’origine américaine dans les débuts de l’anesthésie.
    Histoire des Sciences Médicales, Tome XXIV, N°3, 2000 ; 231-248

    Présentateur

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